Dimanche 20 mai 2007 7 20 /05 /Mai /2007 19:34

Quel sens donner à cette ouverture ?

 

D’abord que Bernard Kouchner, dont la popularité est depuis toujours sous exploitée par ses amis socialistes, a vu, à 67 ans, une occasion unique de briguer un poste gouvernemental important.

 

Ce « débauchage » a soulevé bien des exaspérations au Parti Socialiste. Cela serait de nature, parait il, à laminer la gauche aux législatives. Et pourtant, la large score du 2ème tour, n’assurait-il pas une  victoire massive de la majorité présidentielle lors de ces élections ? Evidemment. Il n’y a qu’à prendre en considération l’exemple de 2002, où les législatives post présidentielle avaient donné une majorité écrasante à l’UMP de Jacques Chirac. Alors qu’on aurait pu penser, à l’époque, que les conditions étaient propices à une revanche de la gauche. Non, les chances de voir une cohabitation dans cette configuration quinquennale, avec cette proximité des échéances, sont quasi nulles.

 

Alors pourquoi Nicolas Sarkozy s’est il embarrassé à choisir dans son gouvernement des personnalités de gauche en lieu et place de certains des ses amis les plus fidèles ? Tout simplement pour tenter de porter le coup de grâce à François Bayrou. En consentant cette ouverture, il lui a subtilisé adroitement son principal thème de campagne, celui de faire travailler ensemble des personnalités venant de bords politiques différents. Dans quelques temps, il aura beau jeu, aux premières tensions, de se séparer de ces ministres intrus. On en tirera alors la conclusion qui s’impose. Faire travailler des gens de tout bord politique, c’est une belle idée mais cela ne marche pas.

 

Tout le fond de commerce de François Bayou s’écroulera alors et Nicolas Sarkozy, enfin débarrassé d’un parti centriste récalcitrant, pourra à loisir s’amuser des tergiversations et luttes de clan qui se profilent chez ce qu’on pourrait bientôt appeler « la gauche la plus bête du monde ».

Par Steve
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Lundi 14 mai 2007 1 14 /05 /Mai /2007 11:31

      Certains commentateurs prédisent - certains avec une satisfaction non dissimulée - que François Bayrou se dirige vers une impasse politique.

 

Ses ex-amis l'ont quitté pour aller rejoindre la majorité présidentielle. La plupart pour sauver leur place de député qu'ils auraient cru fragilisée en se présentant sous l'étiquette "Mouvement Démocrate". Parmi ceux-là, certains l'ont peut être fait aussi par fidélité idéologique. Mais ils apparaissent aujourd'hui comme des lâcheurs, des traîtres, qui ont participé à une campagne présidentielle portant un message qu’ils n’auront pas assumé jusque bout, jusque dans la défaite.

 

    Et pourtant, la stratégie du leader centriste pourrait bien s'avérer gagnante.

 

            D'abord, il a justement souffert de tout au long de la campagne du positionnement passée de ses amis et de lui même. On avait beau jeu, parmi ses adversaires, de le présenter comme un homme de droite. Or, en se «  libérant » de la plupart de ses députés, il peut enfin apparaître comme sincère dans sa démarche de créer un centre indépendant. De plus, ce sont eux qui partent, alors que lui n’aura finalement tenu sa ligne de conduite. L'homme "trahi" par ses amis, attire toujours une part de sympathie auprès de la population, comme Jacques Chirac en 1995.

 

Ensuite, la crise - différée péniblement - au PS prend une tournure qui lui est favorable. Ce qui semblait peu probable deux jours avant le second tour, semble pouvoir se produire. Jouissant d'un élan post-électoral assez surprenant - vu l’ampleur de la défaite -Ségolène Royal pourrait bien prendre le contrôle du parti et se positionner comme incontournable pour 2012.

 

 Les militants socialistes ne semblent pas prêt à prendre le virage social démocrate que voudrait incarner DSK. Ils ne voudront pas non plus du "à gauche toute" que propose Laurent Fabius. Ils préféreront sans doute poursuivre la rénovation du compromis, la stratégie du rassemblement, ne fermant la porte ni à l'extrême gauche, ni au centre. C'est dans ce sens qu'il faut entendre hier l'intervention de François Hollande hier dans France Europe Express. Si DSK et ses amis échouent, ça ouvrira inévitablement un espace au centre-gauche pour Bayrou d’autant plus qu’une partie du chemin a déjà été accompli durant l’élection présidentielle. De plus, s’il continue naturellement – et ce n’est pas le nouveau parti centriste de Gilles de Robien qui va l’en empêcher – à occuper le centre-droit, le Mouvement démocrate pourrait bien avoir de l’avenir.

Par Steve
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Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /Mai /2007 13:28

Après la défaite plus que probable des législatives, il sera temps pour le PS de s’interroger réellement sur les raisons profondes de sa défaite.

 

Est-ce une question de personne ? La candidate était elle légitime ? La campagne a-t-elle été réussie ? Ou est ce un problème de programme, ou plus grave d’idéologie ?

 

Je pense qu’il y un peu de tout ça.

 

D’abord, le choix de Ségolène Royal, malgré sa campagne pugnace, se sera révélé comme une erreur historique. Elle a été choisie sur une erreur d’interprétation des sondages. On le sait, cela a été rappelé maintes fois dans la campagne, les favoris, six mois avant l’élection, ne sont que rarement les vainqueurs à l’arrivée. Hors, la candidate socialiste a bien été désignée sur une promesse de victoire. Elle n’a pas été choisie pour sa compétence, son expérience, encore moins pour ses qualités de tribun ou télévisuelles. Non, elle a été désigné parce que nombre de militants pensaient que c’était la plus à même – et peut être la seule – à pouvoir battre Nicolas Sarkozy. Le TSS était déjà présent dans les esprits lors des primaires socialistes.

 

Si on fait le bilan de la candidate Ségolène Royal, le constat ne peut être que sévère.

 

Sur le fond, en absence de cohérence idéologique avec le Parti Socialiste, elle a trop souvent pris des libertés individuelles qui se sont révélées dévastatrices au final. Le CPC (Contrat Première Chance) ou le thème du drapeau tricolore ont jetés le trouble parmi les cadres et ont donnés une impression d’improvisation. Son originalité de début de campagne s’effaça peu à peu pour laisser place à de sérieux doutes quant à sa capacité à exercer la fonction suprême.

 

Sur la forme,  le moins que l’on puisse dire est qu’elle a souffert de la comparaison avec son adversaire de l’UMP. Ses prestations télévisuelles furent  très mitigées et vite lassantes, surtout face à des journalistes parfois peu complaisants. Elle s’est montrée un peu plus à l’aise dans le compassionnel face aux panels de citoyens. Ses meetings furent souvent laborieux même si, en fin de campagne, il y a eu un léger mieux.

 

Reste que tactiquement, elle a plutôt réussi son coup. Tout son positionnement – génial ou ridicule selon les points de vue – le soir du premier tour n’avait pour objectif que de se positionner pour 2012. Compte tenu de son score et plus généralement de la teneur de sa campagne, elle aurait du se trouver logiquement hors jeu. Mais elle dispose d’une période propice où elle peut jouer d’une popularité post électorale. Ainsi, elle va logiquement tout faire pour que le candidat du PS en 2012 soit désigné le plus tôt possible, avant que les socialistes ne se réveillent, et que sa popularité retombe. Elle pourra également profiter d’une opposition au PS désunie et incompatible entre ses deux adversaires de la primaire. La prise du parti par Fabius ou par DSK provoquera presque inévitablement une scission, tant les deux camps sont sur une ligne totalement différente. C’est peut être son principal argument pour réussir : se présenter comme la seule capable de rassembler toutes les tendances de la famille socialiste.    

Par Steve
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 13:40
...pour un nouveau numéro de "Politiquement Show" à 19h10 sur LCI.
Par Steve
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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /Mai /2007 10:42

    François Bayrou paraît terriblement esseulé à l’aube de fonder son nouveau parti, le « Mouvement démocrate » , La quasi-totalité de ses parlementaires vont rallier la majorité présidentielle. Jean-Louis Bourlanges, vice-président de l'UDF, a expliqué que la situation a "quelque chose qui est dramatique et qui pouvait être équilibrée si on avait fait un meilleur réglage de tout cela". Mais quel réglage ?


    Tout cela s’inscrit dans une logique historique implacable. Les députés UDF ont été élu en 2002, contre la gauche, avec des voix UMP. S’ils remettent en cause cette alliance, c’est leurs postes qui va s’envoler sous leurs yeux, sauf éventuellement à chercher un désistement improbable avec le PS au second tour. Trop risqué et pour certains contraire à toute leur histoire de pensée politique.


    Mais finalement, à y réfléchir avec un plus de recul, le sort de François Bayrou ne s’en trouve pas forcément affaibli. On lui a fait le reproche de ne pas avoir d’équipe pour gouverner en cas d’élection, C’est bien la preuve qu’aucun de ses députés n’a d’envergure nationale. Les seuls de ses amis à bénéficier d’une aura médiatique sont Jean-Marie Cavada, Marielle de Sarnez et pour des raisons différentes Jean Lassalle - connu pour sa grève de la faim - Ces trois là restent avec François Bayrou. et pour le troisième cité, le symbole est fort. Les autres ne pèsent pas lourd nationalement. Et le destin de Bayrou est plus que jamais un destin national.


    De plus, ces multiples défections apparaissent aux yeux de l’opinion comme des trahisons. Ces députés veulent sauver leurs postes, ils vont donc lâchement dans le camp des vainqueurs. Comme on a plaint Chirac en 1995, au moment où la majorité de ses lieutenants allaient dans le camp de son rival, l’ultra favori Edouard Balladur. Cela pourrait entraîner un élan de solidarité parmi tous ses lecteurs du premier tour.


    Débarrasser de ses députés qui affichent maintenant clairement leur appartenance à la droite, François Bayrou va pouvoir clairement inscrire la ligne de son parti au centre. Pas au centre droit. Tous ses adversaires ne pourront plus l’accuser d’être un allier de la droite, ni nationalement, ni localement. Alors, il risque certes d’y laisser quelques plumes, mais cette stratégie cohérente et courageuse pourrait être payante à moyen terme.

Par Steve
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Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /Mai /2007 15:10

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’après élection de Nicolas Sarkozy, est gérée plutôt maladroitement, du moins au niveau de ses symboles.

 

D'abord il était étonnant de le célébrer sa victoire au Fouquet’s avec ses amis – dont Johnny Hallyday, revenu pour l’occasion de Suisse où il s’est exilé pour des raisons fiscales – avant de la fêter avec le « peuple ».

 

Ensuite, prendre du recul pour "habiter la fonction", tout le monde le comprends, après une campagne longue et éprouvante. Mais pour "prendre la mesure de la gravité des charges" pesant sur ses épaules, fallait-il nécessairement un yacht de soixante mètres, dont les tarifs qui circulent, feraient pâlir même le couple Chirac.

 

François Bayrou parlait à propos du nouveau président de la République de « sa proximité avec les milieux d'affaires ». Beaucoup trouvaient cela excessif. Force est de constater que cette épisode Maltais donnent du grain à moudre à ces accusations.

 

Nul doute que le principal concerné se justifiera à son retour.

Par Steve
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Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /Mai /2007 11:58

Le score du 1er tour de François Bayrou fut à la fois spectaculaire et inattendu. Cependant, avec un peu de recul, il apparaît que ça n’était peut être pas si imprévisible et qu’il a raté, là, une occasion historique. Il est probable que jamais, des circonstances aussi favorables pour lui, ne se reproduiront à l’avenir.

 

  1. Un candidat de droite, Nicolas Sarkozy, pour le moins que l’on puisse dire, est qu’il suscite des craintes – même dans son camp - dans son futur exercice du pouvoir.
  2. Une candidate de gauche, Ségolène Royal, qui a été victime, tout au long de la campagne, d’une défiance sur sa compétence, sur sa capacité à exercer de grandes responsabilités nationales.
  3. Un candidat de l’extrême droite, Jean-Marie Le Pen,  effectuant probablement le combat de trop, adoptant un discours plus policé, de telle sorte qu’il fut plutôt correctement accueilli par les médias, lui le candidat anti-système.
  4. L’absence d’une candidature, celle de Nicolas Hulot, qui aurait pu être très populaire.

 

Ces quatre points assuraient à François Bayrou, au-delà de son noyau dur centriste, d’un potentiel de voix aussi bien à gauche, à droite, qu’anti-système et écologistes. Encore fallait-il se les accaparer, ce qu’il fit, du moins partiellement, en menant une campagne, la plupart du temps, avec talent et même fracas – Claire Chazal s’en souvient encore ! Et même les sondages lui donnèrent un coup de pouce, avec des projections de second tour, où, dans tous les cas de figure, il sortait large vainqueur.

 

Alors qu’a-t-il manqué pour transformer l’essai ? Je pense que l’élection présidentielle de 2007, François Bayrou l’a perdu le 21 avril 2002. Ce jour là est né un traumatisme tel – surtout à gauche – qu’il était sans doute impossible d’éviter le duel attendu. Le vote utile l’a condamné.

 

Alors pourquoi pas en 2012 ? Il a montré une capacité certaine dès 2002 à résister à l’ogre UMP. Mais cinq plus tard, il subit une deuxième attaque, de l’intérieur, qui, cette fois, pourrait bien être fatale. La majorité de ses députés choisissent courageusement le camp des vainqueurs. Pourra-t- il, seul et contre tous, résister toujours et encore à l’envahisseur ?

Par Steve
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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /Mai /2007 11:48
Décidemment, elle ne fait rien comme les autres. Le contre pieds de Ségolène Royal hier soir était d’un point de vie stratégique très intéressant. Pourquoi cette intervention juste après les résultats ? Pourquoi ce sourire et ce discours plein d’espor ? Nicolas Sarkozy ne venait-il pas de l’emporter avec 53% des voix ? Deux raisons pour moi à cette tactique qui ne devait rien au hasard :

1. Pousser à son paroxysme le contraste avec l’attitude, si mal comprise par les militants socialistes, de Lionel Jospin le 21 avril 2002. Elle, elle ne les abandonnerait pas. Elle, elle se montre bonne perdante, prenant même le soin d’appeler Nicolas Sarkozy très vite pour le féliciter.

 2. Contrer en amont les offensives de DSK et Fabius. Il était évident que le piètre score de la candidate socialiste allait  être exploité, à des fins politiques, dès l’annonce des résultats, par ses adversatives de la primaire. Or, en dégainant avant même qu’ils n’ aient pu placer un mot, elle a pu donner l’impression que c’étaient eux qui n’étaient pas en adéquation avec l’apparente satisfaction – et même fête ! – de leur camp. Et de ce point de vue là, cela a parfaitement fonctionné. Les réactions de gravité, de déception, et même de colère de ses rivaux ont été plutôt mal vécues par les militants socialistes alors même qu’elle avait réussi, au moins partiellement - à leur remonter le moral. Restent que les graines semées hier par ses concurrents, conjuguées à la réalité de sa défaite et de son score, vont peut être venir ternir à froid ce tour de passe-passe. La question du leadership au PS reste plus que jamais ouverte.
Par Steve
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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /Mai /2007 10:43
Sarkozy a réussi un tour de prestidigitation qu’il faut saluer. Il a incarné la rupture alors même que son propre camp était au pouvoir depuis 5 ans. Ainsi, il a évité le vote sanction du pouvoir en place, en a même récupéré une partie. J’ai été frappé lors de son discours de dimanche soir, de l’absence d’un mot pour Jacques Chirac. Sa victoire, il l’a d’abord obtenu contre son prédécesseur .
Par Steve
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Dimanche 6 mai 2007 7 06 /05 /Mai /2007 22:08
J’y reviendrai plus longuement mais il apparaît dès ce soir, et très clairement, que la scission du PS est inéluctable. Julien Dray a déclaré que Ségolène Royal a règle la question du leadership au PS. Dans un même temps, Laurent Fabius, et encore plus violemment DSK, ont parlé respectivement de "drapeau à terre" et de "lourde défaite". Quand Jean-Christophe Cambadelis évoque une "élection imperdable", François Hollande, lui, parle de "défaite de justesse" (sic). Le règlement de compte ne fait que commencer et il y a au moins un homme en France qui doit soit réjouir ce soir. Son pari de créer un « Mouvement Démocrate » pourrait en tirer profit.
Par Steve
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